Histoire

Inauguration du nouveau temple

Dimanche 20 septembre, on était en fête à Quaregnon; un étranger passant dans le village aurait sans doute demandé s'il y avait un pèlerinage, car de tous les côtés les protestants arrivaient en chantant; à Wasmes, à Jemappes, au Bois de Boussu, à Dour, à Frameries, les cultes avaient été supprimés l'après-midi, le rendez-vous était à Quaregnon pour 3 heures.

Depuis longtemps, on parlait de ce temple dans tout le Borinage; la rumeur disait qu'il dépassait en beauté tout ce qu'on connaissait à plusieurs lieues à la ronde.  Aussi en approchant, les petites troupes se pressaient-elles, et puis ...  c'étaient des oh! des ah! d'admiration devant l'édifice fièrement campé en face du pavé de la gare.  Nous ne le décrirons pas à nos lecteurs; qu'ils aillent eux-mêmes voir ces fenêtres ogivales, ces vitraux aux couleurs chatoyantes, ces boiseries fraîches de pich-pin, ces salles hospitalières des deux Unions Chrétiennes, et toutes sortes de belles choses qui, en parlant aux yeux, font du bien au coeur.  

Nos félicitations à Monsieur Dupont, l'architecte.

Mais entrons dans le temple, il est 3 heures.  Les plus heureux trouvent place pour s'asseoir, les autres remplissent les couloirs.  Le choeur qui est dans la galerie enlève avec entrain un premier chant; nous l'entendrons plusieurs fois, il nous mènera de surprise en surprise par ses chants bien exercés, et encore mieux exécutés.  Après la confession des péchés, Monsieur Anet, secrétaire général et président de la fête, déclare au nom du Comité administrateur et du Synode de l'Eglise Missionnaire Belge, le temple ouvert à la prédication de l'Evangile; il dépose sur la tribune ... pardon, sur la chaire, un exemplaire des Saintes Ecritures, don de la Société Biblique et il en lit une portion.


Monsieur Poinsot prononce la prière de consécration.

Puis Monsieur Anet, prenant pour texte Psaumes 76, v. 3, salue par ces paroles le troupeau de Quaregnon de la part du Comité administrateur et lui apporte les chaleureuses félicitations et les meilleurs voeux de ses collègues; il rappelle au troupeau de Quaregnon les grandes choses que l'Eternel a faites pour lui.  Il a permis que l'Evangile pût lui être prêché en toute liberté.  Il lui a donné des pasteurs fidèles, et ici Monsieur Anet évoque avec émotion le souvenir béni du vénéré Monsieur Perregaux.  Il l'a doté de ce magnifique temple, manifestation de la grande oeuvre spirituelle accomplie dans le sein du troupeau.  Aussi, nous sommes-nous réjouis et nous nous réjouissons encore.  Mais l'Eternel attend aussi de grandes choses de ses enfants; leur amour en retour de son amour, leur fidélité après sa fidélité, leur promptitude à recevoir sa Parole après sa grande bonté.

Monsieur Moll prononce ensuite une prédication de circonstance sur Eph. II, v. 19-22.  Il rappelle aux membres de l'Eglise qui est en fête 1° quelle est leur vocation : "Vous n'êtes plus des étrangers sans Dieu, sans espérance, parce que vous avez trouvé le livre de Dieu et mieux encore, Dieu lui-même dans la personne de son fils Jésus-Christ; vous êtes donc des concitoyens des saints, des domestiques de Dieu auxquels le service de sa maison a été remis."; 2° quelle est l'oeuvre divine qui leur a été confiée : "Pour bâtir un temple, il faut de bons matériaux; vous êtes ces matériaux, qui doivent se donner eux-mêmes un bon fondement, c'est le salut par Jésus-Christ qui est la pierre de l'angle, salut prêché par les apôtres, annoncé par les prophètes : enfin de bons ancrages, l'amour fraternel qui unit tous les membres d'une Eglise et empêche qu'ils se divisent."  La note de la joie et de la reconnaissance se fait entendre par la bouche du pasteur de Quaregnon, Monsieur Edmond Durand, qui remercie en ce jour de fête tout d'abord l'auteur de toute grâce excellente; puis ceux qui, par leurs dons, (entre autres Mme V. Van Goethem, de Bruxelles et un ami qui tient à demeurer anonyme) et leurs travaux (l'architecte, l'entrepreneur, les ouvriers) ont permis de mener à bien la bâtisse du temple; enfin, les nombreux amis venus d'Eglises voisines et éloignées et les membres de l'administration communale de Quaregnon; il lit une lettre très bienveillante de l'échevin faisant fonction de bourgmestre, exprimant ses regrets d'être retenu par ses occupations et ses meilleurs voeux; il laisse à ses auditeurs une parole dont ils se souviendront longtemps : "Voici je t'ai ouvert une porte au milieu de ce peuple."

Un membre de la Commission administrative de l'Eglise prononce des paroles touchantes de remerciements à l'adresse du Comité administrateur et en particulier à Monsieur Edmond Durand en lui présentant au nom du troupeau un bouquet splendide accompagné d'un charmant cadeau comme gage de la reconnaissance et de l'affection de tous.

Monsieur Anet remercie chaleureusement le choeur et recommande la collecte en faveur de la dette qui pèse encore sur la construction.  Une prière de Monsieur le pasteur Berthoud, le chant d'une doxologie et la bénédiction terminent le service.

Les amis du dehors sont invités à aller se réconforter dans la salle de l'Union Chrétienne avant de reprendre le chemin de leurs foyers; le café et les tartes les attendent.  A la nuit tombante, après avoir fait bien des fois le tour du temple et l'avoir considéré de tous les côtés avec un oeil d'envie, ils s'en retournent chez eux, louant et bénissant Dieu.  Puissent nos amis de Quaregnon bâtir maintenant toujours plus fidèlement le temple spirituel, seul éternel, sans lequel le plus bel édifice de pierre et de brique reste froid et inutile.


                         Richard-Samuël Junod

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